QUELLES PERSPECTIVES THÉORIQUES POUR L’ÉTUDE ORGANISATIONNELLE DES COOPÉRATIVES ? ÉTAT DES LIEUX ET PISTES DE RECHERCHE
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https://doi.org/10.3917/ror.201.0040Mots-clés:
coopératives, décolonialisme, féminisme, perspectives critiques, perspectives néo wébériennes, perspectives théoriques, post-humanisme, théorie des organisationsRésumé
Même si la théorie des organisations manifeste depuis quelques années un regain d’intérêt pour les coopératives, la littérature qui en résulte peut encore sembler fragmentée sur le plan théorique. Partant de ce constat, je propose dans le présent essai une catégorisation des perspectives théoriques mobilisées et mobilisables pour l’étude organisationnelle des coopératives. Au sein des perspectives mobilisées, mon état des lieux me conduit à distinguer les perspectives néo-wébériennes, centrées sur la question du pluralisme axiologique, des perspectives critiques, centrées sur la question du pouvoir. J’inclus dans les perspectives néo-wébériennes les travaux pionniers de Rothschild-Whitt, le néo-institutionnalisme, la sociologie des conventions et l’approche par les paradoxes. Dans leur visée compréhensive, elles aident à saisir le sens que les coopérateurs prêtent subjectivement à leur action, au sein d’organisations envisagées en tant que systèmes de valeurs plurielles. J’inclus dans les perspectives critiques les perspectives marxistes, anarchistes et post-structuralistes. Elles permettent d’analyser les rapports de pouvoir et de domination dans lesquels s’inscrivent les coopérateurs, ainsi que les chemins de résistance et d’émancipation qui s’offrent à eux. Au sein des perspectives mobilisables, mes réflexions m’amènent à identifier trois perspectives critiques dont la non-mobilisation est révélatrice d’autant d’angles morts de la littérature, en l’occurrence ses caractères largement ethno-, andro- et anthropo-centrés. Il s’agit des perspectives décoloniales, féministes et post-humanistes, dont j’envisage, sous forme de pistes de recherche future, des apports possibles à la littérature organisationnelle sur les coopératives. In fine, mon texte vise à encourager les chercheurs intéressés à cet objet d’étude à un engagement plus réflexif avec le positionnement théorique de leurs travaux.


