LE SENTIMENT DE JUSTICE ET LES RECOURS EN JUSTICE

Auteurs

  • Laurent BERTRANDIAS
  • Marc FRÉCHET
  • Caroline MANVILLE

Mots-clés:

: justice organisationnelle, action en justice, mobilisation des droits

Résumé

Les salariés ont fréquemment le sentiment que leur
employeur ne respecte pas leurs droits mais ne réagissent pas systématiquement par une action en justice.
Pourtant, malgré le volume croissant du contentieux
prudhommal, très peu de travaux explorent les liens
entre le sentiment de violation des droits et les
réponses qui sont adoptées par les salariés. Cet article
part de l’idée que la mobilisation de droits par les salariés va dépendre de leur perception à la fois émotionnelle et rationnelle de la violation. Nous soutenons en
outre que la justice perçue de la structure légale, c’està-dire le jugement du salarié sur l’application habituelle plus ou moins juste du droit dans son organisation, modère l’influence des perceptions de violation
sur l’intention de mobiliser ses droits (i.e. recours
demande de soutien à des représentants élus du personnel ou intention d’entreprendre des démarches
davantage juridiques, comme le recours à la médiation
ou le procès). Issus d’une méthode utilisant un questionnaire associé à un scénario, nos résultats révèlent
les influences nuancées de la justice perçue de la
structure légale. La dimension procédurale ne semble
pas influencer le lien entre perception de la violation
et mobilisation des droits. La justice interpersonnelle
a en revanche des effets très nets : dans une organisation jugée juste, les salariés ne mobilisent plus leurs
droits sous le coup de l’émotion. L’effet de la justice
informationnelle est cependant ambigu : une meilleure information des salariés sur leurs droits peut paradoxalement les pousser à réagir sur le terrain légal et
judiciaire.

Publiée

2009-05-01

Numéro

Rubrique

Articles