Les pratiques prudentielles des coordonnateurs en santé face à l’incertitude : proposition de typologie et enjeux professionnels associés

Auteurs

  • Isabelle Aubert Université de Lille, LUMEN (ULR 4999), F-59000 Lille, France
  • Frédéric Kletz Mines Paris Université PSL, CGS-i3, UMR 9217 CNRS, F-75006 Paris, France
  • Jean-Claude Sardas Mines Paris Université PSL, CGS-i3, UMR 9217 CNRS, F-75006 Paris, France

Mots-clés:

accompagnement, coordonnateurs en santé, pratiques prudentielles, incertitude, complexité

Résumé

Exercice médical et activité de coordination en santé partagent une caractéristique commune : la confrontation à l’incertitude. Qu’elle soit liée à l’incomplétude des savoirs (Fox, 1988) ou à la singularité et la complexité des situations à traiter (Champy, 2012, 2015), sa gestion nécessite l’adoption de pratiques dites « prudentielles » (Champy, 2012), définies comme l’art de conjecturer sur le contingent et le possible dans une situation donnée (Granjon, 1999). Fondé sur l’analyse de l’activité de certaines professions, ce concept n’a pas été mobilisé en dehors de ce périmètre, même si des études ont mis en évidence des pratiques conjecturales et délibératives typiques de la prudence dans de nombreux métiers (Demazière, 2011). Le présent article s’appuie sur ce concept pour analyser les activités des coordonnateurs en santé, afin de caractériser leurs pratiques de gestion de l’incertitude et les enjeux de positionnement de leur groupe professionnel qui en découlent, par rapport aux professions statutairement protégées. Située sur un plan théorique au croisement de la sociologie des professions et du champ du management de la santé, notre étude est documentée par une analyse qualitative de données
collectées auprès de professionnels exerçant des fonctions de coordination, dans des dispositifs d’appui à titre principal et en établissement de santé. Nous proposons une typologie de leurs pratiques prudentielles distinguant la nature de leurs activités conjecturales d’une part et délibératives d’autre part, selon le profil des coordonnateurs. Nous esquissons sur cette base quelques recommandations relatives à la sécurisation de ce type de pratiques.

Biographie de l'auteur

Frédéric Kletz , Mines Paris Université PSL, CGS-i3, UMR 9217 CNRS, F-75006 Paris, France

Exercice médical et activité de coordination en santé partagent une caractéristique commune : la confrontation à l’incertitude. Qu’elle soit liée à l’incomplétude des savoirs (Fox, 1988) ou à la singularité et la complexité des situations à traiter (Champy, 2012, 2015), sa gestion nécessite l’adoption de pratiques dites « prudentielles » (Champy, 2012), définies comme l’art de conjecturer sur le contingent et le possible dans une situation donnée (Granjon, 1999). Fondé sur l’analyse de l’activité de certaines professions, ce concept n’a pas été mobilisé en dehors de ce périmètre, même si des études ont mis en évidence des pratiques conjecturales et délibératives typiques de la prudence dans de nombreux métiers (Demazière, 2011). Le présent article s’appuie sur ce concept pour analyser les activités des coordonnateurs en santé, afin de caractériser leurs pratiques de gestion de l’incertitude et les enjeux de positionnement de leur groupe professionnel qui en découlent, par rapport aux professions statutairement protégées. Située sur un plan théorique au croisement de la sociologie des professions et du champ du management de la santé, notre étude est documentée par une analyse qualitative de données collectées auprès de professionnels exerçant des fonctions de coordination, dans des dispositifs d’appui à titre principal et en établissement de santé. Nous proposons une typologie de
leurs pratiques prudentielles distinguant la nature de leurs activités conjecturales d’une part et
délibératives d’autre part, selon le profil des coordonnateurs. Nous esquissons sur cette base
quelques recommandations relatives à la sécurisation de ce type de pratiques. 

Publiée

2024-12-11

Numéro

Rubrique

Articles