Entre autonomie et contrôle :quelle régulation pour les systèmesde gestion des connaissances ?
Mots-clés:
Systèmes de gestion des connaissances, Autonomie, Contrôle, Régulation sociale, Etude de cas.Résumé
Les systèmes de gestion de connaissances participent de la transformation actuelle des en-treprises en organisations post-bureaucratiques et questionnent la problématique de l’au-tonomie et du contrôle de l’individu. D’une part, ces systèmes permettent d’accroître lesmarges de manœuvre des acteurs à travers la valorisation de l’auto-organisation, de latransversalité et de l’ajustement mutuel. D’autre part, ces systèmes requièrent et engendrentle contrôle des individus à travers la traçabilité de l’information et le contrôle des flux d’in-formations informelles. Cependant, l’encadrement et le contrôle de l’autonomie engendrépar les systèmes de gestion des connaissances peuvent entraver la libération de l’intelligencecollective et aller à l’encontre de la créativité visée. Parallèlement, l’autonomie créée par lamise en place de ces systèmes peut conduire à déstabiliser l’organisation du travail etcontrarier les intérêts de l’entreprise au profit d’intérêts particuliers ou de groupes d’ac-teurs. Comment les entreprises régulent-elles alors la tension entre autonomie et contrôlelors de l’implémentation des systèmes de gestion de connaissances ? L’objectif de cet articleest d’aborder cette question en s’appuyant sur une étude de cas menée au sein de la direc-tion des systèmes d’information de l’INFRA/SNCF et un cadre théorique mobilisant la théo-rie de la régulation de Reynaud. Cette étude contribue aux travaux sur les dynamiques so-ciales d’appropriation des Systèmes de Gestion des Connaissances dans la lignée destravaux sur l’appropriation socio-politique des SI. En mobilisant la théorie de la régulationpour l’analyse des dynamiques sociales d’appropriation des SGC, ce travail met en avantque l’implémentation des SGC est à l’origine de nouvelles règles de contrôle et d’autonomie.Ces règles peuvent toutefois coexister, se contredire voire bloquer l’action.