L’ENTREPRISE LIBÉRÉE, UNE CITÉ EN QUÊTE D’UN PRINCIPE SUPÉRIEUR COMMUN Le cas de l’entreprise P
Mots-clés:
entreprise libérée, tensions, cités, sociologie des conventions, analyse sémantiqueRésumé
Le phénomène émergent de “l’entreprise libérée” semble séduire de plus en plus de dirigeants. Ces nouveaux modèles d’organisation interrogent notamment les formes de pouvoir traditionnelles et la place du management au sein des entreprises. Nombreuses sont aujourd’hui les expérimentations de transformation managériale en ce sens à travers le monde (Getz et Carney, 2009), pourtant encore trop peu d’analyses théoriques permettent de saisir cet objet polysémique aux frontières mal définies.
Cet article se propose justement de préciser les contours théoriques de l’entreprise libérée en mobilisant la sociologie des conventions (Boltanski et Thévenot, 1987, 1991). Pour ce faire, nous confrontons l’analyse d’un cas concret de transformation vers la libération - l’entreprise P - avec la proposition théorique des cités développée par ces auteurs. Plus précisément nous étudions dans quelle mesure l’entreprise libérée tend à se rapprocher ou, à l’inverse, à se distancier de certaines cités plutôt que d’autres. Les résultats de cette première étude exploratoire montrent qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle ontologie organisationnelle à part entière mais davantage d’un enchevêtrement entre les mondes « industriel » et « par projet » dans le cas de l’entreprise P.