La situation juridique de la femme syrienne ou l’émancipation au prisme du politique : un statut fragile et minorisant

Auteurs

  • Zakaria TAHA

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https://doi.org/10.54695/mm.236.01.719

Résumé

Les études sur les conditions juridiques de la femme dans les sociétés
arabes ont souvent emprunté une grille de lecture essentialiste et culturaliste,
faisant porter au texte religieux et plus particulièrement à l’islam la
responsabilité de son exclusion, de son statut discriminatoire et minorisant.
Certes l’islam, à travers la consécration de la Charia comme source de législation
dans les textes constitutionnels, intègre le système juridique comme
cadre « principal » orientant les lois et les réformes, notamment celles qui
régissent le statut de la femme. Le fiqh « droit islamique » qui inspire les
dispositions relatives aux statuts personnels a un impact direct sur les
conditions juridiques des femmes, favorise le maintien de la femme dans
une situation d’instabilité et d’infériorité (dépendance par rapport à son
tuteur, autorisation de l’époux pour exercer une activité professionnelle…)
et consacre légalement une précarité juridique (succession, polygamie,
répudiation…).
Toutefois, le processus de codification du fiqh et de ses interprétations est,
depuis l’émergence de l’État nation arabe, matière à intervention étatique.
Les pouvoirs politiques se sont approprié le domaine de la juridiction
comme celui de l’éducation1. Certes, l’islam reste le cadre de référence
dans les efforts de réforme, d’amendement ou d’interprétation.

Publiée

2018-05-01

Numéro

Rubrique

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