La société israélienne et ses minorités sexuelles : du prisme de la tolérance au risque de « pink washing » ?
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https://doi.org/10.54695/mm.236.01.718Résumé
Chaque année, le rituel est immuable et fait parler le monde entier. La
Marche des Fiertés de Tel Aviv est un défi permanent à la loi de gravitation
régionale qui continue en grande partie à condamner les revendications
LGBT dans nombre de pays voisins. Le 9 juin 2017, la ville attirait près
de 200 000 participants, faisant de la parade la plus importante de tout le
continent asiatique. Ce n’est pas qu’un rendez-vous
culturel et social, c’est
aussi un important événement touristique et économique de l’année1.
L’ouverture en faveur des minorités sexuelles n’est pas permanente, ni
globale, ni universelle dans le pays. On se souvient de la tragédie survenue
lors de la Marche de Jérusalem, où un juif ultra-orthodoxe
avait poignardé
une adolescente de 16 ans. Ce sont là tous les paradoxes du pays que de voir
s’affronter deux visions du monde à 50 kilomètres de distance : la bulle de
Tel Aviv comme l’appellent les gens de droite et les religieux considérant la
ville comme un épiphénomène absolument peu représentatif de l’entièreté
et de la spécificité de la société, la comparant souvent à la Sodome et
Gomorrhe des temps bibliques ; face à la pure et religieuse Jérusalem peu
encline à faire preuve de tolérance envers des minorités mettant en avant
leur particularisme sexuel et identitaire.
En 2012, la ville israélienne accueillait sa 14e édition de la Gay Pride,
preuve de l’attraction qu’elle suscite et de l’ouverture d’esprit qu’elle représente
dans un Moyen-Orient
contrarié et contrariant pour ses militants.