Les Kurdes du Moyen-O rient : une minorité nationale trans-étatique
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https://doi.org/10.54695/mm.235.01.702Résumé
Lors d’un colloque international à Paris, Leyla Zana, grande figure de la
vie politique kurde, parlant du statut des Kurdes en Turquie, dit : « le kurde ce
n’est pas une langue minoritaire. En fait, au Kurdistan nous sommes majoritaires.
Ce sont eux qui sont minoritaires chez nous »1. La simplicité réelle
ou apparente de cette observation, qui reflète un point de vue numérique
pour cristalliser le rapport majorité-minorité,
dissimule la complexité de la
question minoritaire au Moyen-Orient.
En effet, les Kurdes, tout en constituant
une majorité dans leurs habitats montagneux, sont restés une minorité
ethnolinguistique au sein de leurs voisins2 non pas uniquement à cause de
leur infériorité numérique mais plutôt par leur manque du pouvoir politique
et le statut qu’ils ont au sein de l’appareil du pouvoir de l’État. Les Kurdes,
qui, en nombre, sont le quatrième groupe ethnique du Moyen-Orient,
constituent
aujourd’hui une minorité nationale numériquement importante et
territorialement concentrée entre plusieurs pays.