Définir l’ennemi national : Restauration sécuritaire et production des « minorités » en Égypte durant la présidence d’Al-Sissi

Authors

  • Laure GUIRGUIS

DOI:

https://doi.org/10.54695/mm.235.01.708

Abstract

L’État égyptien est le principal agent de la reproduction des processus de
minorisation des chrétiens. La construction de l’État moderne a reproduit
une société confessionnelle tout en la transformant.
Les origines du christianisme en Égypte demeurent l’objet d’incertitudes
et de questionnements. Selon une tradition transmise depuis
le ive siècle, l’évangéliste Marc, considéré comme le fondateur de l’Église
copte orthodoxe et premier évêque d’Alexandrie, aurait introduit la nouvelle
religion dans la cité cosmopolite qui comprenait une importante communauté
juive hellénisée à partir de laquelle se forma probablement le noyau
des chrétiens égyptiens (DAVIS, 2004). Foyer du néoplatonisme, la cité
fondée par le conquérant macédonien qui lui donna son nom devint un
centre de théologie chrétienne d’où sont issues plusieurs personnalités qui
jouèrent un rôle de premier plan dans le développement de la théologie
chrétienne, tels Clément d’Alexandrie, saint Athanase puis Cyrille. Le christianisme
égyptien se singularisa dès le début du ive siècle par son orientation
spirituelle particulière, le monachisme, imposant l’éloignement au désert,
d’où naquirent les monastères à partir desquels les fellahs égyptiens furent

Published

2018-02-01

Issue

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Articles