L’état islamique (Daesh) une menace militaire relative pour une menace politique majeure
DOI:
https://doi.org/10.54695/mm.233.01.665Abstract
En l’espace de trois ans, l’état islamique 1 en Irak et au Levant (Daesh
sous l’acronyme occidental de son nom arabe, , Dā‘iš) s’est taillé
un territoire considérable à la charnière de deux pays, la Syrie et l’Irak.
Dans son extension la plus grande, cette entité qui se considère comme
un état en formation est allé du Sud au Nord de Palmyre à la frontière
turque et de l’Ouest à l’Est de Kobané (Ayn el-Arab avant la guerre) à
la frontière avec le Kurdistan irakien et Falloujah. Jean-Pierre Filliu a
nommé cet espace le « jihadistan ». 2 Ce qui était au départ un groupe
terroriste irakien s’est progressivement structuré, d’une part comme un
mouvement à vocation universaliste et, d’autre part comme un état en
formation. Cette double nature complique l’appréhension de ce phénomène
dans la mesure où les pays occidentaux voient au premier chef
la dimension terroriste de Daesh quand les acteurs sur place perçoivent
l’émergence d’un acteur institutionnel qui se donne les moyens
de gouverner. De ce point de vue la déclaration du Califat, le 29 juin
2014, par Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, chef de l’état islamique,
a pour but de réaliser la synthèse de ces deux objectifs a priori contra-

