CORPS ET SEXUALITÉ DES FEMMES AU MAROC ENTRE LES LOIS, LA CULTURE ET LES PRATIQUES SOCIALES

Auteurs

  • Leila TAUIL Chercheure et enseignante à l’Université de Genève.

DOI:

https://doi.org/10.54695/machr.252.0041

Mots-clés:

Femmes, lois liberticides, Maroc, patriarcat, sexualité.

Résumé

Depuis des décennies, les féministes marocaines historiques réclament l’égalité des sexes à tous les niveaux de la société en dénonçant systématiquement le Code de la famille et le Code pénal qui les privent d’une égalité pleine et entière dans les sphères privées et publiques. Jusqu’au « printemps arabe », les questions liées au corps des femmes et à la sexualité étaient encore des sujets tabous, bien que ces questions soient au cœur du Maroc et de la majorité des sociétés musulmanes où « l’honneur des hommes dépend des corps des femmes ». Depuis les soulèvements au Maroc et dans le monde arabe, de jeunes féministes subversives n’hésitent plus à aborder publiquement la question du corps et de la sexualité en défendant le droit des femmes à disposer librement de leur corps. Le manifeste historique du collectif 490 « Hors-la-loi », publié au Maroc en septembre 2019 – équivalent au « Manifeste des 343 salopes en France » en 1971 – illustre parfaitement cette révolution en cours. Soutenus par un large éventail de la société civile, les auteurs de ce manifeste dénoncent le caractère obsolète des lois répressives pénalisant l’avortement et les relations sexuelles hors mariage qui poussent la société marocaine, divisée entre un projet social conservateur et moderne, à l’hypocrisie sociale et aux pratiques clandestines jugées illégales. Ce moment historique peut-il révéler les prémisses d’une véritable révolution égalitaire et démocratique au Maroc ?

Publiée

2022-12-22