Prélèvement ou don d’organes ?

Auteurs

  • Nicolas Aumonier Maître de conférences en Histoire et philosophie des sciences, Université Grenoble Alpes, IPHIG, EA 3699

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https://doi.org/10.54695/jibes.371.0113

Mots-clés:

don d’organes, prélèvements d’organes, critères de la mort, consentement à la greffe, refus de don

Résumé

Le succès des transplantations d’organes a conduit à généraliser leur usage, ce qui a entraîné une pénurie d’organes. Des campagnes d’appel au don d’organes sont régulièrement organisées par l’Agence de la biomédecine. Or le taux de refus des familles des défunts semble augmenter. La confiance des familles de donneurs décédés repose à la fois sur l’assurance médicale que le mort est réellement mort, et sur un consentement au don. Or les critères de la mort (cardio-vasculaire, cérébrale, encéphalique) évoluent, et peuvent donner l’impression, en raison de constants progrès techniques, de ne plus être irréversibles, et d’être souvent contre-intuitifs. Quant à la loi, elle s’efforce de respecter les personnes défuntes, leurs familles, les personnes en attente de greffe, organise la possibilité d’un refus de consentement, mais fait tout pour que ce refus soit le plus bas possible. Pour le respect des personnes décédées et des patients en attente de greffe, pour continuer à faire confiance aux médecins et à la loi, il importe que le don soit bien un don. Paradoxalement, seuls les refus de don permettent au don d’être un don.

Publiée

2026-04-28