SUIVI SANS CONTACT DU FRONTDE PROPAGATION DES CHLORURESOU DE CO2DANS L’ENROBAGE DES OUVRAGESMISE AU POINT D’UN SYSTÈME DE CAPTEURS DE DURABILITÉ ORPHELINS

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Résumé

Les chlorures et le CO2sont les deux principaux agentspathogènes qui, après avoir traversé l’enrobage d’unestructure, conduisent à la dépassivation puis à la corrosiondes armatures. L’instrumentation par suivi de potentielsnécessite des contacts ou des systèmes filaires pour enre-gistrer ces fronts, sources d’interfaces indésirables, etconduisant souvent à un constat tardif de la dépassivationdes armatures. De plus, la nature du ciment ne permet pastoujours de corréler de manière fiable les chutes de poten-tiel et l’amorçage de la corrosion des aciers.Le système présenté ici est conçu pour anticiper la corro-sion des aciers. Il consiste à positionner, lors du coulagedu béton frais, des lames d’acier orphelines, d’environ 100μm d’épaisseur et de diamètre centimétrique, entre la sur-face de l’ouvrage et le premier rang d’armatures. Leslames sont orientées perpendiculairement au front de dif-fusion. Lors du contact avec les chlorures ou le CO2, leslames s’oxydent, de la même manière qu’une armature. Le principe consiste à détecter, dans le béton durci, l’étatd’oxydation des lames. Le système utilise les propriétésthermiques du fer pour vérifier son état d’oxydation.Lorsque le fer métallique est soumis à une inductionmagnétique variable, il se crée des courants de surfaces(loi de Lenz) qui conduisent à un échauffement rapide etimportant de la lame de fer (loi d’Ohm). Les lames sontdonc soumises à un échauffement par induction depuis lasurface. La réponse thermique des lames est ensuite éva-luée grâce à un lecteur infrarouge depuis la surface dubéton, et nous renseigne sur l’état des lames, oxydées ounon. En effet, contrairement à une lame saine, une lameoxydée verra sa réponse thermique avec une faible ampli-tude et une décroissance rapide. Les lames, placées en che-vrons à espaces réguliers entre la surface et les armatures,et préalablement repérées sur l’ouvrage, il est ainsi pos-sible de déterminer la position du front de propagation àun instant donné, et d’anticiper une réparation éventuelleavant que les ions chlorures ou le CO2ne déclenchent ladépassivation des aciers d’enrobage

Publiée

2014-03-07

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