LE PONT CHARLES-MARLIN (SAINT-GEORGES-NIGREMONT, CREUSE) HISTORIQUE ET CARACTÉRISATION PRÉLIMINAIRE DES DÉSORDRES

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Résumé

Le pont Charles-Marlin, situé sur la commune de Saint-Georges-Nigremont dans le département de la Creuse, a été inauguré le dimanche 27/10/1935. Construit en béton armé, c’est un ouvrage élégant dessiné par le bureau d’étude Pelnard-Considère & Caquot. Long de 140 m et haut de 17, il enjambe la rivière « la Rozeille ». Le tablier surmonte deux arcs liés par des montants et des entretoises ; son aspect est très aérien. Il fut fermé en 1980 car il présentait des désordres. Sur la base d’un échantillonnage préliminaire et d’observations sur la structure, cette étude per-met de mettre en avant un certain nombre de pathologies qui l’affectent. Outre des phénomènes de corrosion des armatures, on peut notamment observer des fissures emplies de cristallisa-tions aussi bien dans l’axe du tablier (pour la partie supérieure) que dans le béton des trottoirs. L’étude microstructurale (lames minces polies) au microscope optique et électronique (couplé à la microanalyse EDS) met en avant une évolution complexe du béton. Les granulats, de nature granitoïdique, présentent localement des plages de quartz microcristallin et une grande richesse en sulfures de type pyrite. Dans la partie supérieure du tablier, les reliques de clinker indiquent l’utilisation de ciment Portland. Les silicates sont très impurs, relativement riches en S et Mg, le C3A est riche en Si. Les porosités sont toutes rem-plies d’une phase intermédiaire entre l’ettringite et la thauma-site. Des déchaussements de granulats avec remplissage par de l’ettringite (intermédiaire ettringite-thaumasite), similaires du point de vue microstructural à la formation d’ettringite dif-férée, ont été observés. Ils sont localement associés à des pro-duits de réaction alcali-granulats. Des cristallisations de calcite en « pop-corn », traditionnellement associés à des attaques sul-fatiques thaumasitiques (TSA) ont pu être mises en évidence, ainsi que du sel de Friedel. Dans la partie inférieure du tablier, sur les prélèvements étudiés, il n’y a pas d’évidence de dégra-dation comme cité ci-dessus mais le ciment a une teinte nette-ment plus rose-orangée. La microstructure permet de mettre en avant un ciment vraisemblablement mal cuit. Des causes mul-tiples sont donc à rechercher pour comprendre les désordres.

Publiée

2018-11-01

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