LA PRISE EN COMPTE DU COÛT GLOBAL EN CONSTRUCTION DANS LES POLITIQUES PUBLIQUES - ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES
Résumé
Le coût global est une notion familière dans l’industrie. Il l’est
moins sur dans le BTP même si les bailleurs institutionnels ou
sociaux ou les concessionnaires de travaux ou de service, tenus de
maîtriser une rentabilité sur le long terme, savent la traduire par un
loyer représentatif de l’ensemble des coûts. Le développement
durable remet le coût global au centre des débats et le secteur de
la construction doit combler son retard en la matière.
Il faut d’abord s’entendre sur un périmètre adéquat : le coût global
cumule les coûts directs et indirects, immédiats et différés ainsi
que les externalités monétisables en l’état des connaissances
communes. Il faut ensuite s’entendre sur une méthode de calcul :
c’est le rôle de la normalisation, qui propose une norme dédiée au
coût global dans le bâtiment, l’ISO DIS 156/686. Il faut encore
proposer un taux d’actualisation commun à la fois réaliste et
incitatif (qui valorise les coûts futurs, en particulier celui des
ressources épuisables comme le suggère le rapport STERN). Le
MEEDM propose un taux unique de 4% avec une variante à 0%
des énergies fossiles, ce qui revient à parier sur une hausse
tendancielle de ces dernières à 5% par an au dessus de l’inflation.
Il faut enfin familiariser les décideurs, et notamment publics,
avec ce mode de calcule, afin de les inciter à insérer dans les
marchés publics de construction un critère d’attribution en coût
global et non en coût brut. C’est l’objet du taux unique
d’actualisation, qui les sécurise juridiquement. C’est aussi le but
d’un guide explicatif et d’un logiciel gratuit de simulation et de
calcul mis au point par le MEEDM et publié sur son site internet.