La fin de la « fin »? Une enquête sur les limites des sciences de gestion à travers la nébuleuse conceptuelle du déclin-décadence-déclassement

Auteurs

  • Maître de conférences à l’Université Paris-Est (IAE Gustave-Eiffel), Laboratoire IRG (2354).

Mots-clés:

déclin, herméneutique, Rome

Résumé

La question de la fin hante la pensée managériale à travers toute approche du changement mais aussi, et de manière très explicite, dans l’intimité même des diverses courbes de cycle de vie qui parsèment le savoir produit dans mainte de discipline de gestion (stratégie, marketing, comportement organisationnel). Cette question recèle bien des ambiguïtés et une forte charge projective : n’est-ce pas notre propre fin d’être vivant et mortel que chacun d’entre nous projette lorsqu’il attribue une historialité à son objet de recherche, là où d’autres sciences, plus mécanistes, recherchent l’immuabilité des lois et des principes ? En enquêtant sur un parangon de finitude - le thème de la décadence - nous rencontrons, tapie en embuscade, la question des fins dernières, celles de notre monde mais par là même aussi celles des sciences humaines. Dans leur quête jamais satisfaite d’une adéquation entre l’être de leurs objets et la description nécessairement dédiée qu’elles produisent, les sciences de gestion, lorsqu’elles s’attachent à restituer au plus près ce qui se passe et se vit sur le terrain de recherche, aspirent à cet accès immédiat à l’être que les antiques religions eschatologiques nommaient parousie. Nous en concluons que pour éviter de faire du sur-place, les sciences de gestion doivent porter un regard réflexif et herméneutique sur l’utopie d’une présence à l’être qu’elles poursuivent sans le savoir. Il s’agit de laisser de côté la fin pour s’engager dans un processus herméneutique qui n’a pas de fin.

Publiée

2023-01-15

Numéro

Rubrique

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