Ars longa, vita brevis. Les paradoxes organisationnels au prisme du street art

Auteurs

  • Aubouin Nicolas Paris School of Business - Chaire NewPIC
  • Alexandra Le Chaffotec
  • Jean-Max Koskievic
  • Clémence Aubert-Tarby

Mots-clés:

Street art, paradoxes organisationnels, artefact organisationnel, art-based research, art thinking

Résumé

L’objectif de cet article est de renouveler le dialogue entre art et organisation en mettant en lumière le rôle du street art comme révélateur des tensions organisationnelles et de ses paradoxes. Pour comprendre le rôle d’artefact organisationnel d’une œuvre de street art, nous l’analysons en tant que pratique artistique intégrée dans un processus d’institutionnalisation qui met en tension quatre dimensions clés de l’analyse organisationnelle : éphémère/pérenne ; visible/invisible ; individuel/collectif ; improvisation/routines. Ces dimensions font alors écho à quatre logiques paradoxales de l’organisation (Smith & Lewis, 2011) que nous mettons en évidence autour des enjeux de l’apprentissage, de l’appartenance, de la gestion et de l’exécution. Aussi, en partant plus spécifiquement du travail du street artiste Invader, et notamment de son œuvre « Dr House », nous révélons les tensions « à l’œuvre » et « en œuvre » dans les organisations, ce qui nous permet de mettre en lumière trois dimensions clés de l’œuvre comme artefact pédagogique, moteur de l’action managériale et moteur de la méthodologie de recherche en sciences de gestion. Ce travail suggère finalement une meilleure compréhension du déclenchement des paradoxes et de l’accompagnement de la gestion des paradoxes dans les organisations.This article aims to renew the dialog between art and organization by highlighting the role of street art as a revelation of organizational tensions and paradoxes. In order to understand the role of a work of street art as an organizational artifact, we analyze it as an artistic practice integrated into a process of institutionalization that involves four key contrasting dimensions of organizational analysis: ephemeral/perennial; visible/invisible; individual/collective; improvisation/routines. These dimensions then echo four paradoxical logics of organization (Smith & Lewis 2011) that we highlight around the issues of learning, belonging, management, and execution. Also, by starting with the work of the street artist Invader and his work "Dr House," we reveal the tensions "at work" and "in the work" in organizations, allowing us to highlight three key dimensions of the work as a pedagogical artifact, and a driving force for managerial action and research in management sciences. Finally, this work suggests a better understanding of the triggering of paradoxes and the accompaniment of paradox management in organizations.

Bibliographies de l'auteur

Aubouin Nicolas, Paris School of Business - Chaire NewPIC

Nicolas Aubouin est Professeur Associé et membre de la chaire NewPic PSB Paris School of Business. Ses principaux thèmes de recherche concernent le management de l’art et de la créativité ainsi que la gestion des ressources humaines. Plus spécifiquement ses travaux de recherche visent à comprendre les dynamiques professionnelles, le rôle des outils de gestion et les processus d’institutionnalisation de nouvelles pratiques et espaces créatifs. Ce travail repose sur une recherche ancrée dans différentes organisations (institutions ou entreprises), et plus particulièrement sur le terrain des tiers lieux et open labs, en particulier dans le champ de l’art et de la culture. Il s’inscrit également dans une collaboration, en tant que chercheur associé, avec le Centre de gestion scientifique – Mines ParisTech (Université PSL).

Alexandra Le Chaffotec

Alexandra Le Chaffotec est Professeure Associée et membre de la chaire NewPic, PSB Paris School of Business. Docteure en Sciences Économiques de l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne, ses thèmes de recherche se concentrent principalement sur les questions organisationnelles. Elle travaille sur des sujets tels que l’innovation organisationnelle, l’arbitrage entre les différents modes de gouvernance, la performance organisationnelle, le management de l’innovation, la création et le transfert de connaissances au sein des réseaux et des écosystèmes et l’institutionnalisation des pratiques. Elle applique principalement ces questions à des cas du secteur de la santé et des nouveaux lieux d’innovation.

Jean-Max Koskievic

Jean-Max Koskievic est Professeur Associé à Paris School of Business. Docteur en Sciences Economiques et Professeur Associé à Paris School of Business dans le département Economics and Business Information, ses thèmes de recherches portent sur la participation financière et les négociations en environnement incertain, ainsi que sur le marché de l’art. Après avoir exercé de nombreuses années en cabinets de conseil internationaux en tant qu’expert en stratégies de rémunération des dirigeants, collectionneur et passionné d’art, il a décidé de créer en 2008 «ARTMAX», un cabinet de sourcing, de négoce et de courtage spécialisé en Art Moderne d’Après Guerre et en Art Contemporain. Il contribue aussi régulièrement dans «le Cercle Les Echos», «l’Obs» et «The conversation».

Clémence Aubert-Tarby

Clémence Aubert-Tarby est Enseignante-chercheure de 2010 à 2020 à Paris School of Business, aujourd’hui responsable de formation Studi. Docteure en Sciences Economiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ses thèmes de recherche portent sur les formes atypiques d’emploi et l’économie des médias. Elle a questionné le recours aux emplois atypiques dans les secteurs des médias, mais aussi dans des organisations particulières comme l’hôpital. Après dix ans en tant que Professeur Associée à Paris School of Business, elle est aujourd’hui responsable de parcours de formation chez Studi.

Publiée

2021-10-27

Numéro

Rubrique

Articles