Tatouage et inclusion, être authentiquement soi au travail

Auteurs

  • Sarah ALVES Laboratoire Métis, EM Normandie
  • Esther ALVES Valéo
  • Vincent MEYER Laboratoire Métis, EM Normandie

Mots-clés:

inclusion, tatouage, visibilité, authenticité, monde du travail en France

Résumé

L’apparence physique est l’un des premiers critères de discrimination en France. Pourtant, peu de travaux s’intéressent à la discrimination et l’inclusion des personnes tatouées en France, contrairement à la littérature anglo-saxonne. Face à cette absence de littérature, nous avons cherché à comprendre de quelle manière le tatouage, en tant que composante manipulable de l’apparence physique, est accepté dans le monde du travail en France. Notre étude exploratoire qualitative auprès de personnes tatouées et de recruteurs montre que les personnes tatouées cachent majoritairement leurs tatouages de peur des préjugés sociaux et de leurs conséquences. Le discours des recruteurs, par effet miroir, montre que le tatouage n’est pas un problème. tant qu’il ne se voit pas. Cette dialogique entre le visible et l’invisible crée un conflit entre le soi interne et le soi externe. Ceci amène les personnes tatouées à adopter une authenticité que nous qualifions d’entravée et questionne le fait d’être authentiquement soi au travail avec des conséquences sur l’engagement et le bien-être au travail de ces personnes. Cela constitue une discrimination discrète mais réelle à leur encontre, révélatrice de dissonances entre les discours et les pratiques d’inclusion des organisations. En conséquence, il apparait nécessaire pour les organisations d’intégrer le tatouage dans leurs politiques d’inclusion et de réfléchir aux composantes et aux limites de l’authenticité de soi au travail pour être véritablement inclusives. Les recherches sur l’inclusion doivent également à l’avenir mieux intégrer la dimension de l’apparence physique et celle du tatouage.

Bibliographies de l'auteur

Sarah ALVES, Laboratoire Métis, EM Normandie

Sarah ALVES est professeure en GRH à l’EM Normandie depuis 2011 après une expérience
d’une dizaine d’années dans plusieurs écoles de gestion en France et un parcours de praticienne
RH. Elle a obtenu son doctorat en sciences de gestion en 2007 et son HDR en 2018.
Ses recherches portent sur le lien entre travail et apprentissages, sur le développement des
compétences et la GRH.

Esther ALVES, Valéo

Esther ALVES est campus manager France chez Valéo depuis 2021. Après une Licence
en communication à Lille, elle a fait un Master puis un Master Spécialisé en GRH à l’EM
Normandie. Elle a conduit un travail de recherche sur le tatouage sous la direction de Vincent
Meyer à l’initiative de cet article.

Vincent MEYER, Laboratoire Métis, EM Normandie

Vincent MEYER est professeur assistant en GRH et théorie des organisations à l’EM
Normandie depuis 2017. Il est titulaire d’un doctorat en sciences de gestion obtenu en 2018.
Il est actuellement Directeur Académique M2/MS Manager des Ressources Humaines. Ses
travaux de recherche se concentrent sur la gestion de la performance, la sociologie des outils
de gestion et la digitalisation des pratiques RH. Il a commencé sa carrière comme RRH pendant
7 ans dans les secteurs de la Chimie en Chine et de la Finance en France.

Publiée

2024-04-26

Numéro

Rubrique

Articles