ÉTHIQUES (ETHNO-)MÉDICALES DANS UNE CHINE EN VOIE DE GLOBALISATION : SUR LES TRACES DES SAVOIRS LOCAUX ET ADAPTATION DE LA BIOMÉDECINE
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https://doi.org/10.54695/jib.26.04.3604Résumé
La rencontre entre plusieurs savoirs thérapeutiques donne lieu à une restructuration du système de santé et de facto à une transformation de l’éthique médicale. Définir une nouvelle éthique aux « caractéristiques chinoises » mais aussi aux normes internationales, fait partie du processus actuel de production de la connaissance : un corpus de pratiques et de représentations associées à la santé et des sciences médicales « plurielles » se développent dans le contexte de la transition économique et sociale. Une telle transition révèle et simultanément consolide l’influence et la position de la Chine au temps de la globalisation y compris en matière de production de la connaissance et des techniques. Le ré-alignement de l’éthique médicale à l’ère des Réformes (post-1979) met en évidence une dimension peu explorée de la pluralité médicale offrant un angle d’analyse pertinent pour éclairer des questions politiques et sociales. Dans cet article, deux formulations de principes éthiques, l’une qui nous plonge dans la Chine impériale tardive (période de la fin des Ming), l’autre dans l’ère post-Maoiste (les années 1980), sont énumérées en détail et analysées. Sélectionnées comme études de cas principalement parce qu’elles reflètent des transformations sociales radicales à leur époque d’émergence, et donc aussi dans le champ de la santé et de la médecine, ces formulations informent sur le processus de légitimation de la « médecine chinoise » en périodes de rupture épisté-mologique. Un tel processus prend des formes pratiques et théoriques variées aux contours limités par le modèle idéologique dominant et par des facteurs politiques et socio-économiques. Enfin, sont discutées des questions liées à l’éthique de la recherche, à la bioéthique et aux grandes lignes de la nouvelle réforme de la santé qui se posent avec acuité dans les années 2000, une décennie qui représente aussi un tournant historique pour la Chine. En conclusion, des points de discussion jalonnant le texte offrent des arguments en faveur de contacts « gagnant-gagnant » de l’Est vers l’Ouest et du Sud vers le Sud, et en faveur de l’élaboration d’une éthique transnationale/globale qui soit davantage opérationnelle en contextes.