Juste un mot

Auteurs

  • Jean-François CHASSAY

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https://doi.org/10.54695/jibes.354.0009

Résumé

Quel peut être l’apport de la fiction à une réflexion sur la bioéthique et l’éthique des sciences ? On pourrait penser, a priori, que la fiction s’intéressant de près au langage, multipliant les interprétations possibles, les doubles, triples, voire quadruples sens, les ambiguïtés narratives, se prête mal à une réflexion éthique qui doit prendre en considération des faits, de la manière la plus transparente possible. L’éthique nécessite souvent des énoncés normatifs, prescriptifs et évaluatifs, dont la fiction n’a que faire. De plus, la discipline est associée à la philosophie morale et ne pourrait-on croire que la morale a peu à voir avec la fiction qui n’a pas d’intérêt à séparer le bien et le mal, à proposer un cadre didactique dans lequel un message serait déployé ? On a bien souvent affirmé que « l’engagement » ne convenait pas à la littérature et produisait trop souvent des textes insipides. La fiction n’a pas à « expliquer » les choses.
On peut trouver recevables ces affirmations, sans qu’elles ne suffisent à répondre entièrement aux rapports complexes qui peuvent unir la fiction et l’éthique des sciences. Car, d’abord, la fiction se caractérise aussi par la parole prise par un sujet, et de cette position subjective les questions éthiques se posent à foison. Puis il ne faut pas oublier que si la fiction ne relève pas d’un savoir objectif, elle a la capacité de refléter l’ensemble des savoirs, d’embrasser l’ensemble du discours social, et d’en proposer une lecture qu’aucun autre type de discours ne peut tenir…

Publiée

2025-07-12