Chpitre 1 : La notion de confLit d’intérêts dans Les champs de La santé et de L’environnement : regards phiLosophique et juridique
DOI:
https://doi.org/10.54695/jib.25.02.3542Palabras clave:
Conflit d’intérêt, philosophie, législationResumen
La présente contribution envisage le conflit d’intérêts sous un anglephilosophique et juridique. L’approche philosophique se décline selon unedouble perspective : celle de la philosophie politiquequi porte sur le rôle du liend’intérêt dans la Cité envisagé à l’aune d’une réflexion plus globale sur lesconditions du vivre-ensemble. Les auteurs de l’Antiquité ont valorisé le liend’intérêts comme vecteur privilégié d’humanisation et de socialisation desindividus. Au XVIIIesiècle, Adam Smith voit dans la quête de l’intérêt individuelune base sociale plus solide que l’amour du prochain prôné par les chrétiens. Laphilosophie morales’intéresse plus spécifiquement au passage du lien d’intérêtsau conflit d’intérêts. Elle se demande si l’on doit être impartial en toutescirconstances ou s’il est juste d’accorder priorité aux personnes qui nous sontproches. Elle pose en corrélat la question de savoir si l’introspection estsuffisante pour détecter les conflits d’intérêts ou si le regard d’un tiers extérieurest toujours nécessaire. La démarche juridiquese distingue de l’approche philosophique à deux niveaux ;d’une part, son champ d’investigation est plus circonscrit : le droit n’envisagepas les bienfaits des liens d’intérêts sur la vie sociale même s’il peut protégercertains d’entre eux (dans le cadre de la famille par exemple) ; il vise à prévenirles biais qui peuvent entacher la décision publique. D’autre part, le juriste n’entrepas dans le for intérieur des individus mais s’en tient à ce qui apparait au-dehors :il traque les soupçons de partialité susceptible d’avoir des impacts graves, parexemple en matière de santé et d’environnement. En un sens, il est plus radical.Il est digne de remarque que malgré ses nombreuses évolutions, le droit neparvienne pas à juguler les conflits d’intérêts dans le domaine de la recherche.Plusieurs raisons rendent compte de cette impasse : l’injonction faite auxchercheurs de s’allier à l’industrie pour la mise au point de produits et d’en resterindépendants pour en évaluer les risques, l’insuffisance des renouvellements de viviers d’experts, l’influence exercée par les leaders d’opinions, ou encore laprésence difficile à objectiver de conflits d’intérêts intellectuels.