Chapitre 1. De quelques aspects actuels des rapports entre la science et le droit
Mots-clés:
science, progrès, droit, sciences de la vie, contrôle social de la science, filiation, fécondation in vitroRésumé
Ce dont nous nous rendons mal compte, c’est à quel point la science informe nos tendances élémentaires, à quel point elle gouverne nos instincts fondamentaux, les habitudes primordiales de notre espèce, le besoin de nourriture, de sommeil, le besoin de déplacement, de communication, d’appropriation, l’instinct de reproduction. C’est tout notre comportement qui se trouve conditionné par la science, jusque la trame la plus intime, la plus humble de notre existence. Mais, par ailleurs, nous sommes des animaux sociaux. Nous vivons dans des groupements organisés, structurés, dans des collectivités qui répondent à des normes, et ces normes sont des règles de conduite sociale, lesquelles, en dernière analyse définissent des droits et des obligations. Ces normes qui constituent le Droit sont les composantes de notre civilisation juridique. Elles s’imposent à tous : quelle va donc être l’attitude du droit devant les conquêtes de l’époque contemporaine qui bouleversent de façon si profonde les données les stables, les mieux acquises, les plus traditionnelles, des relations humaines ? Affrontés aux progrès scientifiques, quelle va être l’attitude du législateur, du juriste, de celui qui interprète la loi et qui l’applique ? Le législateur, le juriste, vont-ils faire preuve d’une hostilité délibérée ? Vont-ils se montrer indifférents, passifs ? Vont-ils au contraire manifester une sympathie compréhensible à l’interventionnisme actif ?
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