Les principes de l’écologie intégrale

Auteurs

  • Fabien REVOL directeur du Centre Hélène et Jean Bastaire, Berganty

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https://doi.org/10.54695/jibes.364.0055

Résumé

Le concept d’écologie intégrale se présente comme un nouveau paradigme proposé par le pape François dans l’encyclique Laudato si’ (2015) sur pape François. Il opère une relecture du paradigme moderne, marqué par un anthropocentrisme « despotique » (LS 68, 118), pour promouvoir l’écologie intégrale comme horizon de conversion. Ce concept, inspiré par Jacques Maritain (Humanisme intégral, 1936) et Paul VI (Populorum Progressio, 1967), vise à réconcilier écologie humaine et environnementale, en intégrant justice sociale et préservation de la biodiversité. L’écologie intégrale, proclamant que « tout est lié » (LS 138), repose sur une clé ontologique : l’interdépendance des êtres, reflet de la Trinité dans la création (Bonaventure). Elle articule quatre relations fondamentales (Dieu, les autres, soi-même, la création), symbolisées par un tétraèdre, et s’appuie sur des principes comme « la réalité est plus importante que l’idée » (EG 231-233) ou « le tout est supérieur à la partie » (LS 141).

Le pape François, en écho à la « clameur de la terre et des pauvres » (LS 49), lie crise écologique et pauvreté, critiquant la « culture du déchet » (LS 22). L’écologie intégrale, universaliste, s’adresse à tous, croyants ou non, en proposant un dialogue entre sciences, religions et politiques. Elle puise dans la tradition franciscaine (Saint François d’Assise, modèle d’harmonie) et la théologie du peuple (Scannone), pour promouvoir une « fraternité sociale et universelle » (FT 2020). Enfin, elle invite à une conversion des représentations de la nature, en réponse aux critiques de Lynn White Jr. sur l’anthropocentrisme chrétien, et à une écologie vécue comme « bonne nouvelle de la création ».

Publiée

2026-01-27