Un compromis territorial. Fabriquer l’acceptation de la mine et de ses dégâts dans la France du XIXe siècle

Auteurs

  • Bastien CABOT Chercheur post-doctorant Centre d’histoire de Sciences Po Sciences Po Paris

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https://doi.org/10.54695/eh.120.0098

Résumé

Tandis que la plupart des travaux portant sur les impacts environnementaux de l’activité minière se concentrent sur la transition vers l’après-mine et la gestion a posteriori des dommages, cet article propose d’étudier la façon dont les compagnies minières ont, dès les débuts de l’ère industrielle, mis en place des moyens pour naturaliser les dégâts produits par l’activité extractive. En se focalisant sur le cas du bassin minier du Pas-de-Calais entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle, l’article montre en effet comment les affaissements de terrains (principal dommage causé par l’activité souterraine) ont été absorbés en tant que problème dans une vaste politique d’aménagement du territoire minier – celle du paternalisme industriel – qui consistait pour les entreprises minières à s’assurer le contrôle de leur territoire productif, y compris de ses externalités. L’article montre alors comment le paternalisme industriel des entreprises minières a été un facteur d’acceptation des dommages pour les populations environnantes, qui passait aussi bien par des formes classiques d’indemnisation que par la garantie d’une certaine prospérité économique régionale et de l’accès à des services sociaux dépendants de la mine. Ce phénomène de « compromis territorial » s’est maintenu jusqu’à la désindustrialisation, où la disparition de l’activité extractive a en même temps marqué la résurgence des enjeux environnementaux.

Biographie de l'auteur

Bastien CABOT, Chercheur post-doctorant Centre d’histoire de Sciences Po Sciences Po Paris

 

Chercheur post-doctorantCentre d’histoire de Sciences PoSciences Po Paris

 

Publiée

2026-01-20

Numéro

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Articles