Affronter la nature : gérer le risque d’éboulement dans les houillères françaises (XVIIIe- XXe siècles)

Auteurs

  • Luc ROJAS Chercheur associé au CNRS, UMR 5600 EVS-ISTHME, enseignant à l’Université Jean Monnet

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https://doi.org/10.54695/eh.120.0086

Résumé

Contrairement aux représentations collectives, les catastrophes, et notamment celles liées aux explosions de grisou, ne constituent pas les phénomènes les plus dangereux dans les mines de charbon. Les éboulements de roche stérile et les chutes de bloc de charbon sont bien plus meurt-riers, car chaque jour ils peuvent ôter la vie aux ouvriers travaillant au fond. Dès le XVIIIe siècle, les houillères se trouvent confrontées à ce risque, qu’elles tentent non pas d’annihiler, mais de limiter. En effet, l’imprédictibilité et la soudaineté du phénomène démontrent rapidement aux exploitants qu’il est impossible de s’en affranchir totalement. Durant près de deux siècles, les charbonnages s’évertuent à mettre en œuvre des dispositifs ayant pour but de juguler les accidents provoqués par les éboulements. Ainsi, ils collaborent avec l’État lorsqu’il s’agit d’appliquer les règlements régissant l’exploitation des mines en France, mais ils prennent également l’initiative pour instaurer leur propre réglementation dans les chantiers du fond. Parallèlement, les charbonnages font évoluer leurs techniques de soutènement des galeries, en utilisant tout d’abord des piliers de charbon, puis, rapidement, des bois pour étayer les travaux, avant d’adopter, dans la seconde moitié du XXe siècle, le soutènement par étançons métalliques associé à la mécanisation du fond. La gestion des éboulements participe aussi à l’évolution des méthodes d’exploitation qui prennent en considération ce risque. De plus, les entreprises minières se trouvent dans l’obli-gation d’organiser le fonctionnement du chantier afin d’assurer la sécurité du personnel. Enfin, les houillères dans l’après-Seconde Guerre mondiale s’attèlent, par le biais de la formation et de la prévention, à modifier les comportements ouvriers pouvant être à l’origine de certains accidents.

Biographie de l'auteur

Luc ROJAS, Chercheur associé au CNRS, UMR 5600 EVS-ISTHME, enseignant à l’Université Jean Monnet

 

Chercheur associé au CNRS, UMR 5600 EVS-ISTHME, enseignant à l’Université Jean Monnet

Publiée

2026-01-20

Numéro

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Articles