FROM UNITY TO DIVISION: HOW JEALOUSY CONTRIBUTED TO FAMILY BUSINESS FAILURE. THE CASE OF COMB-MAKING ENTREPRENEURS IN THE PAYS D’OLMES (SOUTHERN FRANCE)

Auteurs

  • Bruno EVANS

Résumé

Le Pays d’Olmes, à une centaine de kilomètres au sud de Toulouse, est un territoire dont la
pauvreté des terres a, de longue date, poussé ses habitants à recourir à des compléments
de revenus, en particulier industriels. Outre la sidérurgie et le textile, il produisait des bijoux
en jais et des peignes. Au cœur de leur échec final réside un facteur longtemps sous-estimé
par les historiens économistes en raison de leur préférence pour des données plus aisément
quantifiables : les affects. La communauté protestante des villages de Léran, Le-Peyrat et
La-Bastide-sur-l’Hers s’y spécialisa dans la fabrication de bijoux en jais et de peignes. Du
XVIIIe siècle aux années 1840, elle fut soudée par des valeurs communes : le travail, la religion
réformée ainsi que des idées libérales et républicaines. En raison de sa faiblesse démographique,
les renchaînements d’alliances y furent nombreux. De plus, le système productif incorporait les
différentes branches d’une même famille. Avec la mécanisation et une plus grande ouverture
au monde, les années 1840 marquèrent l’apogée de ce capitalisme familial. Cependant ce
développement fut inégal : le succès de Léo Bez fit des envieux. Ainsi émergea une émotion
fortement négative, la jalousie. Désormais les principaux entrepreneurs, tous apparentés, se divisèrent. Les rivalités familiales,
largement motivées par la jalousie, entraînèrent une lutte interne dans laquelle tous les coups
furent permis et constituèrent un élément important du déclin d’un capitalisme familial séculaire.
S’il faut bien sûr se garder de généraliser ce cas à outrance, il n’en demeure pas moins qu’il
a une portée bien plus large que le seul Pays d’Olmes.

Publiée

2018-05-01

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