BANKRUPT IN THE SHADOW OF THE “BELLE ÉPOQUE”. COPING WITH FAILURE; COPING WITH SHAME. BELGIUM, 1896-1914

Auteurs

  • Emmanuel DEBRUYNE

Résumé

Quelle est la part de la honte dans le vécu d’un failli ? En confrontant la procédure de mise
en faillite aux trajectoires de vie de 21 individus qui y ont été soumis dans la région de Namur
au tournant des XIXe
et XXe siècles, cet article explore la charge de la honte dans de telles
situations et comment elle a pu influencer leur devenir et les choix qu’ils ont posés pour se
reconstruire. Si l’expression de la honte apparaît rarement de manière explicite dans les pièces
de procédure, le déroulement de celle-ci et les trajectoires individuelles n’en laissent pas moins
cerner sa présence. Face à la procédure, les faillis s’avèrent notamment réticents à consentir
à faire aveu de leur faillite, alors même que celui-ci est prescrit par la loi. Une minorité va plus
loin en anticipant par la fuite la découverte de leur état. Une fois la procédure enclenchée, la
révélation de la faillite par voie de presse, les confrontations avec les créanciers ou encore
la vente publique ne font qu’accentuer l’humiliation. Et au lendemain de celle-ci, rares sont
les faillis qui demeurent dans la localité où ils ont fait faillite. La honte affecte leur mobilité
résidentielle en les dirigeant vers la grande ville, qui leur offre le soulagement de l’anonymat
et la possibilité de se reconstruire socialement et économiquement. Son rôle n’est pas fini
pour autant, tant elle peut peser jusqu’à l’éclatement sur le noyau familial, mais aussi pousser
le failli et ses proches à la combattre et à rétablir leur honneur.

Publiée

2018-05-01

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