Cartographier l’engagement environnemental : risques et opportunités liés aux éco-émotions
DOI:
https://doi.org/10.54695/it32.0100Keywords:
Engagement environnemental, sciences comportementales, psychologie environnementale, éco-conscience, éco-anxiété, éco-émotions, dissonance cognitive, santé mentalecational policyAbstract
La population française fait preuve d’une forte conscience de la crise écologique, sans que cela se traduise pleinement en
comportements alignés avec les objectifs climatiques. Malgré un soutien massif aux politiques environnementales, les
gestes individuels les plus impactant restent marginaux, tandis que persiste un climato-scepticisme minoritaire mais stable.
Les recherches récentes montrent que les émotions — notamment les « écoémotions» — jouent un rôle central dans
l’engagement écologique, dépassant la seule rationalité cognitive. Le concept d’« éco-conscience » est proposé pour articuler émotions, connaissances environnementales et comportements. L’étude met en évidence des cheminements individuels non linéaires, marqués par des phases de choc cognitif, de surcharge émotionnelle, puis d’action régulatrice. Huit profils éco-conscients sont identifiés, du Climatosceptique au Positif, en passant par les Perdus, Furieux ou Paralysés. Chacun présente des besoins spécifiques en matière d’accompagnement. Une typologie opérationnelle est proposée pour guider les interventions
auprès des individus, organisations et acteurs publics. Les éco-émotions désagréables comportent des risques importants pour les individus (symptômes anxieux, isolement) et pour les organisations (désengagement, conflits, burn-out). Enfin, l’analyse souligne les opportunités d’une mobilisation adaptée des émotions pour encourager le passage à l’action écologique.