Rhétorique de l’alternance dans la musique contemporaine : analyse d’Éclat (1965) de Pierre Boulez
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https://doi.org/10.54695/mu.12.1-2.4505Résumé
Les théories de la deuxième moitié du vingtième siècle analysent les structures des discours littéraires,
leurs possibles interactions avec le public ainsi que le processus de « coopération
interprétative ». La réflexion sémiologique, d’origine linguistique, considère les ouvrages artistiques
comme des « textes », c’est-à-dire des « tissus de signes », caractérisés par des « figures »,
des régularités ou des écarts saisissables dans l’organisation des signes. Cette perspective paraît
adéquate au répertoire musical contemporain, dont les pièces sont interprétables comme des enchaînements de structures sonores récurrentes. L’intérêt pour la notion de figure présente
chez certains compositeurs (Boulez, Donatoni, Sciarrino, Ferneyhough) suggère que les outils
rhétoriques peuvent décrire les régularités et les irrégularités des morceaux et favoriser le processus
de coopération interprétative. L’analyse d’Éclat de Pierre Boulez (1965), conduite selon
ces principes, se propose de saisir les structures formelles de cette pièce, en essayant de
répondre aux questionnements d’un auditeur « expert », en cherchant à comprendre les stratégies
adoptées par le compositeur au moment de l’écriture de la pièce. Cette hypothèse s’avère
être plausible si l’on en croit les résultats d’expériences de perception conduites sur cette même
pièce, qui coïncident parfaitement avec ceux relevés par l’analyse rhétorico-musicale.