Écart et distanciation dans le scherzo de la Septième symphonie de Gustav Mahler
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https://doi.org/10.54695/mu.13.03.4491Résumé
Au coeur d’une oeuvre qui occupe une position centrale dans la production mahlérienne,
le scherzo de la Symphonie n° 7 est l’un des mouvements caractéristiques
d’une écriture dont on a parfois du mal à saisir les tenants et aboutissants. Cet article
tente de cerner les traits saillants et le rayonnement esthétique de la partition, où une
étrangeté souvent inquiétante côtoie la gaîté faussement innocente de thèmes aux
allures de citations, et où le langage musical le plus savant tisse des liens aussi étroits
qu’ambigus avec des matériaux au caractère exagérément populaire. La distanciation
mahlérienne, face à la forme héritée du scherzo et à l’univers symphonique en général,
constitue le fil conducteur des analyses, qui s’appuient notamment sur la catégorie
adornienne de « variante » et sur les écritures de la répétition dont l’oeuvre se
nourrit. Il s’agit, en définitive, d’interroger la modernité paradoxale de l’écriture
mahlérienne, à l’aune de l’apport esthétique que constitue l’ouvrage d’Adorno
consacré au compositeur.