En quoi la musique constitue-t-elle un monde à part entière ? Conditions, conséquences
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https://doi.org/10.54695/mu.13.01.4482Résumé
Se fondant sur le concept mathématique de topos (Grothendieck) et le concept philosophique
de situation-univers (Badiou), la thèse de l’article est que la musique
constitue un monde à part entière, satisfaisant aux trois propriétés d’un monde : infiniment
vaste, clos sur lui-même, centré sur une logique interne. La sociologie ne peut
suffire à rendre compte de l’insubordination de la musique, de sa logique interne fondée
sur ce qu’on appelle « théorie de la musique ».
Cette conception de la musique comme monde permet de la penser à la fois une et
plurielle. Elle éclaire le rapport des musiciens à la musique, qui la visitent sans l’habiter.
Elle définit le contenu de l’intellectualité musicale, celle qui pense le monde de
la musique comme tel, et démontre qu’une histoire de la musique ne peut être histoire
que pour les musiciens, non pour les oeuvres.