Portraits de femmes dans la Chine des réformes : une analyse des films de Li Yu et Ning Ying
Mots-clés:
China, Women’s cinema, Women filmmakers, Ning Ying, Li Yu.Résumé
Cet article part du nouvel idéal féminin issu des discours dominants de la Chine des réformes
tel qu’il a été relevé par Harriet Evans (Evans 1997) pour étudier quelles sont les nuances et les
ruptures possibles de cet idéal au sein même de ces discours, plus précisément au cinéma. Nous
nous intéresserons ainsi à trois films de deux réalisatrices : Fish and Elephant (2001), Lost in Beijing
(2007) de Li Yu, et Perpetual Motion (2005) de Ning Ying. Ces films présentent tous des profils de
femmes inhabituels pour l’industrie du cinéma chinois : des lesbiennes, des travailleuses migrantes
et des 女强人 nüqiangren de l’élite culturelle et d’affaires de la capitale. Chacun à leur manière, ces
personnages féminins viennent bousculer cet idéal féminin dans les thématiques respectivement
du mariage, de la maternité et de l’adultère. A travers une analyse scénaristique et formelle, l’auteur avance que ces films relèvent d’un cinéma féministe, un cinéma de femmes tel que le définit
Alison Butler : comme un cinéma mineur, qui se situe au sein d’une production dominante mais
qui représente un groupe marginalisé, ici les femmes (Butler 2002).