MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna <p>The Journal is Under Construction.</p> <p> </p> fr-FR journal@eska.fr (Marise URBANO) support@ubitechsolutions.com (Ubitech Solutions Pvt Ltd) Mon, 17 Jul 2023 00:00:00 +0000 OJS 3.2.0.3 http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 SA MAJESTÉ DES BULLES : ENFANCE ET COMMUNAUTÉS HÉTÉROTOPIQUES CHEZ KAO YI-FENG https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8724 <p>Paru en 2014, alors qu’éclatait au même instant le mouvement dit des « tournesols » (太陽花運動 taiyanghua yundong) à Taïwan, le roman La Guerre des bulles (泡沫戰爭 Paomo zhanzheng) de Kao Yi-feng 高翊峰 a été interprété par certains critiques comme une fable prémonitoire des mouvements taïwanais de désobéissance civile. Dans ce roman absurde et fantastique, réécriture assumée de Sa Majesté des mouches de William Golding, l’auteur y narre effectivement l’histoire d’un bataillon organisé d’enfants prenant le contrôle d’un faubourg de montagne, en réaction à l’incapacité des adultes de régler les problèmes d’approvisionnement en eau de la communauté. Au-delà du rapprochement avec les mouvements sociaux insulaires, l’auteur posé néanmoins la question de la conception et de la subversion par des enfants des normes sociales. En m’appuyant sur une lecture de La Guerre des bulles, ainsi que sur le précédent roman de Kao Yi-feng, L’Asile des illusions (幻艙Huancang, 2011) et son roman suivant 2069 (2019), où la question de l’enclos et de la perversion des règles de vie en communauté étaient tout aussi primordiales – je propose ainsi dans ce chapitre de discuter les désirs « hétérotopiques » (au sens de Michel Foucault) de réappropriation de l’espace et de ses significations tels qu’ils émergent dans la littérature de Kao Yi- feng, à la lumière du contexte taïwanais.</p> Gwennaël GAFFRIC Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8724 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000 De la rudesse du prunus à la patate douce https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8727 <p>Cette étude collective s’appuie sur la combinaison de plusieurs compétences, critique littéraire, linguistique et informatique. Elle montre une corrélation possible entre enseignement de la littérature et civilité à Taïwan, en se focalisant sur l’étude des métaphores végétales présentes dans les manuels scolaires de mandarin. Elle est précédée d’une introduction qui insiste sur l’originalité d’un tel protocole de recherche en discutant la théorie littéraire de la transitionnalité, en montrant la pertinence de l’étude des métaphores végétales dans les manuels scolaires traditionnellement associées aux discours sur l’éducation, en justifiant l’intérêt pour l’histoire des manuels scolaires taïwanais depuis 1950 à nos jours, et en expliquant le traitement d’un vaste corpus de texte par l’outil informatique, particulièrement performant pour l’analyse critique. L’étude consiste alors à classer et analyser les métaphores végétales contenues dans les textes de ces manuels scolaires. On y distingue un grand nombre de métaphores culturellement importées et imposées aux jeunes consciences par l’instruction obligatoire dans un cadre autoritaire. Ce procédé d’endoctrinement disparaît peu à peu à la faveur des transformations du régime au profit de visions plus respectueuses de l’identité taïwanaise. Recueillir les métaphores auxquelles des générations successives d’élèves taïwanais ont été exposées dans les salles de classe permet d’observer l’évolution des normes et de discuter le concept de « procès de civilisation » forgé par Norbert Elias, avec le passage d’un symbolisme au service d’une civilité-étiquette propre à un discours de propagande (par exemple la fleur de prunus, symbole de la République de Chine) à une symbolique au service d’une conception renouvelée de la civilité qui rend possible le mécanisme de transitionnalité nécessaire au projet démocratique (telle que la patate douce, figurant communément Taïwan).<br><br></p> Ivan GROS, Joanne BOISSON, Kan CHIA-PING Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8727 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000 DÉCONSTRUIRE LES HYPOTHÈSES MÉTAPHYSIQUES DE LA SINOLOGIE CONTEMPORAINE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8730 <p>Le livre d’Edward Slingerland Mind and Body in Early China – Beyond Orientalism and the Myth of Holism publié en 2019<br>aux presses universitaires d’Oxford est sans doute l’un des plus importants et les plus radicaux sur la nécessité d’une<br>déconstruction des présupposés culturalistes de la tradition « sinophile » de la sinologie. Ce qu’Edward Slingerland<br>tente de mettre en évidence, c’est le mélange des genres des études chinoises qui, remontant aux écrits des Jésuites<br>sous l’obédience de Matteo Ricci et ensuite de Du Halde et Le Comte, mêlent la présentation de la pensée chinoise<br>à une hagiographie de la culture, de la gouvernance, de la politique de la Chine. En d’autres termes, c’est la tradition<br>de l’orientalisme exotique positif, la face cachée de cet orientalisme eurocentrique des préjugés mis en évidence<br>par Edward Saïd, dont Edward Slingerland veut démonter les ressorts en s’attachant à l’analyse critique de ce qui est<br>aujourd’hui un de ses fers de lance, pour ne pas dire fonds de commerce, à savoir le mythe d’un holisme corps-esprit<br>qui serait le propre de la pensée chinoise et consacrerait sa suprématie sur toute une tradition nécessairement cartésienne, dualiste de la séparation entre homme et nature, individu et société, corps et esprit qui serait le fait d’une tradition occidentale condamnée pour être à la fois<br>trop métaphysique et trop matérialiste, trop chrétienne et trop naturaliste, trop idéaliste et trop cynique.</p> Jean-Yves HEURTEBISE Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8730 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000 Mouvements sociaux et littérature : l’émergence de formes alternatives de civilité et le mouvement des Tournesols de 2014 à Taïwan comme cas d’étude https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8726 <p>Le but de cet article est de continuer l’analyse critique des relations établies entre littérature et « civilité » par Hélène Merlin-Kajman à travers une perspective deleuzienne de la littérature et foucaldienne de la civilité et en prenant pour exemple les relations entre innovations littéraires et mouvements sociaux dans la société taïwanaise contemporaine. Le problème du rapport de la littérature à la civilité dans son rapport à la démocratie sera analysé à travers le cas d’étude d’un mouvement social taïwanais pensé comme hétérotopie linguistico-politique qui ouvre la voie à la construction d’une civilité redistribuant les lignes de forces entre conception gouvernementale de la civilité comme ordre et conception sociale de la civilité comme lien.</p> Jean-Yves HEURTEBISE, WEI-CHUN Lin Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8726 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000 Civilité : un concept en dialogue https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8728 <p>Il s’agit ici de faire le va-et-vient entre différents sens du mot « civilité », et les différents ancrages culturels de la réflexion (Europe, Asie). Dans les sociétés occidentales, l’opinion s’accorde pour diagnostiquer une crise de la civilité. Il semble que rien de tel n’existe à Taïwan et les chercheurs invités à observer la littérature et les productions artistiques voire politiques de l’île à la lumière de ce concept se heurtent à plusieurs difficultés. Or, leurs difficultés et leurs analyses se révèlent très instructives pour repenser l’émergence de la civilité en Europe. D’un côté, l’importance de la référence confucéenne, avec ses « Cinq Relations », peut aider à repérer l’importance de la sociabilité régie par le respect et la déférence, encore très prégnante en France sous l’Ancien régime, et à la distinguer tant de la sociabilité régie par la civilité d’origine érasmienne étudiée par Norbert Elias que de la civilité politique définie par Jurgen Habermas pour le XVIIIe siècle. A l’inverse, l’intérêt repéré pour les formes transgressant cette « civilité de façade » confucéenne (par exemple, le succès du roman Moderato Cantabile de M. Duras) permet de circonscrire, sur le long terme de l’histoire occidentale et peut-être sur un plan anthropologique, la valeur de la « familiarité » : franchise ou impolitesse contestatrice, mais aussi menace d’anomie sociale si elle phagocyte la civilité et la déférence. On en conclut qu’ici comme ailleurs, le sens final d’une civilité démocratique consiste à maintenir plusieurs références à la fois et à assurer leur traductibilité.</p> Hélène MERLIN-KAJMAN Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8728 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000 Civilité et Désobéissance Civile à Taïwan : la littérature comme puissance hétérotopique https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8723 <p>Visiteurs étrangers de passage, simples touristes ou travailleurs expatriés, constatent une forme de civilité particulière à la société taïwanaise qu’ils ne rencontrent nulle part ailleurs. S’agit-il d’un préjugé, d’un sentiment superficiel ? Aussi superficiel soit-il, il est assez fort pour avoir éveillé l’intérêt d’un nombre certain de chercheurs qui ont proposé des études sur la civilité propre à Taïwan1. Il était alors tentant d’interroger cette civilité taïwanaise à l’aune de la théorie littéraire de la transitionnalité, selon laquelle les pratiques littéraires assurent une fonction transitionnelle nécessaire au développement de la civilité et au bon fonctionnement de la vie démocratique. Ainsi les 3 et 4 novembre 2017 s’est tenu à l’Université Nationale Centrale un colloque international, organisé par le Département de français de cette même université, intitulé « Transitions au pays de la civilité ? ».</p> Jean-Yves HEURTEBISE, Ivan GROS Copyright (c) 2023 MONDE CHINOIS NOUVELLE ASIE https://journaleska.com/index.php/mcna/article/view/8723 Sat, 01 Apr 2023 00:00:00 +0000