L’ARTISANE DES ANNÉES 1970-1980 À AUJOURD’HUI
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https://doi.org/10.3917/eh.115.0083Résumé
Cet article interroge la place des femmes cheffes d’entreprises artisanales et des épouses d’artisans à partir des années 1970. Historiquement les compétences de métier comme celles relatives à la gestion de l’entreprise se transmettaient dans le cadre familial, en privilégiant les descendants masculins, mais la survie d’une entreprise était subordonnée à la présence active de l’épouse dans l’activité. Nous étudions les transformations de la place, du rôle et des compétences des conjointes des artisans pour montrer que l’artisanat se désencastre peu à peu du couple. On assiste à une autonomisation des conjointes par le salariat à l’extérieur de l’entreprise et, dans le cas où les artisans travaillent en couple, la division genrée du travail, si elle existe toujours, n’est plus la même qu’autrefois.
Dans le même temps, la part des femmes cheffes d’entreprises a augmenté à un rythme plus soutenu que celle des hommes. Nous montrons les processus qui ont permis à des filles d’ouvrier(e)s et d’employé(e)s de créer leur entreprise en suivant un parcours traditionnel de métier, renouvelant ainsi le vivier d’artisans. Les profils des artisanes sont plus divers qu’autrefois. Si les femmes s’installent dans des secteurs qui leur sont traditionnellement réservés et suivent des formations genrées, la chute des transmissions familiales a permis à des héritières de reprendre des entreprises traditionnellement masculines ; l’amélioration du niveau d’instruction féminin permet également la création directe d’entreprises artisanales par les femmes.