LES ARTISANS EN ALLEMAGNE FÉDÉRALE APRÈS 1945 À LA RECHERCHE DE STRATÉGIES D’ADAPTATION SUR UNE BASE PROFESSIONNELLE
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https://doi.org/10.3917/eh.115.0059Mots-clés:
artisans, Allemagne, entité corporative, après-guerre, journalierRésumé
Pendant l’entre-deux-guerres les artisans, ou Handwerker, se sentant menacés à la fois par la concurrence de l’industrie et par le socialisme de la classe ouvrière, ont été parmi les premiers à adhérer au NSDAP et à voter pour lui. Si, sous le Troisième Reich, les artisans n’ont pas obtenu le protectionnisme social qu’ils espéraient, ils ont obtenu certains gains institutionnels et une autorité qui ont permis à leurs dirigeants de poursuivre une stratégie d’adaptation et de partenariat social dans la période d’après-guerre. Cet article analyse les efforts des dirigeants progressistes visant à établir un conseil économique corporatiste fonctionnant en coordination avec un parlement représentatif (et non en remplacement), ainsi que l’admission de représentants des compagnons dans les conseils des chambres. La concession de la représentation des ouvriers syndiqués avait une composante pragmatique - convaincre les autorités d’occupation occidentales de permettre aux institutions du Handwerk de conserver l’autorité qu’elles avaient gagnée pendant le Troisième Reich. Nous voyons dans ces discussions la conviction des dirigeants des Handwerker que le moyen d’éviter une répétition des antagonismes de classe de Weimar qui avaient conduit au nazisme était de mettre en place des institutions de coopération sociale. Cet article se concentre donc sur
plusieurs aspects d’une histoire plus vaste, celle de la transition de la société et de l’économie allemande d’un antagonisme de classes suivi d’une dictature dans les années 1920 et 1930 à une collaboration de classes et une démocratie parlementaire après 1945.