L’ATELIER DE COUTURE DE COLIN DE LORMOYE (PARIS, 1420-1455). LES SAVOIRS GESTIONNAIRES D’UN ARTISAN MÉDIÉVAL

Auteurs

  • Julie CLAUSTRE Professeure d’histoire médiévale - Université Paris-Cité - Laboratoire Identités, Cultures, Territoires

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https://doi.org/10.3917/eh.114.0017

Mots-clés:

atelier, Moyen Age, Paris, gestion, facture, couturier

Résumé

Les historiens de l’économie médiévale ont longtemps négligé l’économie des ateliers artisanaux au bénéfice du grand commerce international et de l’agriculture seigneuriale et paysanne. L’artisanat était le plus souvent approché au prisme des normes de fabrication, les règlements corporatifs formant la source principale des travaux, une source précocement éditée et qui a ainsi durablement influencé les questions des chercheurs. Dans les trois dernières décennies, l’histoire des techniques et l’archéologie ont amplement renouvelé tant le questionnaire scientifique que le socle de connaissances relatifs à l’artisanat médiéval. Les chercheurs se sont avisés que les corpus textuels documentant l’artisanat médiéval étaient plus diversifiés et étendus que la tradition académique ne le laissait entendre depuis le XIXe siècle. Des comptabilités et livres de gestion d’artisans des XIVe et XVe siècles ont ainsi été découverts ou redécouverts dans les fonds d’archives, donnant prise à des études nouvelles sur les groupes artisanaux : désormais il devient possible d’étudier leurs clientèles, leurs compétences graphiques et numériques, leurs savoirs gestionnaires et juridiques, leur idiome professionnel et technique à l’échelle de l’atelier, leurs pratiques économiques en matière de crédit aux clients, d’accès aux capitaux et d’approvisionnement. L’article développe le cas d’un atelier de couture de Paris au XVe siècle, connu par d’amples vestiges d’un livre de boutique, un atelier moyen à clientèle diversifiée, en le replaçant
dans le cadre de l’organisation du métier parisien, de l’économie citadine du vêtement. Les dizaines de pages de factures conservées de ce livre de boutique autorisent une plongée ethnographique dans cet atelier médiéval. Elles permettent de retracer les principaux linéaments du parcours de cet
homme, venu s’installer à Paris au début du XVe siècle, et de saisir ses rapports avec sa clientèle, ses compétences gestionnaires et certains de ses choix économiques. 

Publiée

2024-09-30

Numéro

Rubrique

Articles