LA CRÉATION D’UNE ENTREPRISE PUBLIQUE DANS L’INDUSTRIE DES COMBUSTIBLES FOSSILES EST-ELLE UN INDICATEUR DE L’EXISTENCE D’UN « CAPITALISME D’ÉTAT » ? LE CAS DE L’UGANDA NATIONAL OIL COMPANY
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https://doi.org/10.54695/eh.118.0093Mots-clés:
compagnie pétrolière, Ouganda, capitalisme d’État, politique publique, économie politiqueRésumé
Comment les richesses pétrolières influencent-elles le développement des nations ? Pourquoi les « États faibles » sont-ils attrayants et pourquoi les compagnies pétrolières internationales peuvent-elles se défendre dans des États « faibles » ? De nombreuses recherches apportent des réponses. La plupart ne prennent pas suffisamment au sérieux les politiques nationales. Elles ont tendance à considérer le rôle des États du Sud sous un angle déterministe et faible, tandis que peu de travaux ont été consacrés à la dynamique politico-économique qui précède l’exploitation de ces ressources. Cet article vise à combler cette lacune en se demandant si la création d’une entreprise d’État nationale dans l’industrie des combustibles fossiles est un indicateur de l’existence d’un capitalisme d’État, où l’État joue un rôle essentiel en tant que promoteur, superviseur et propriétaire du capital. Nous examinons le cas de l’Uganda National Oil Company (UNOC). En effet, il semble contre-intuitif que l’Ouganda corresponde à cette configuration du capitalisme, puisque cet État est caractérisé comme un « État fragile » par plusieurs indicateurs et avec peu d’interventionnisme économique. Fondé sur des entretiens semi-directifs, l’analyse des débats parlementaires et des fuites de câbles diplomatiques (Wikileaks et Panama Papers), l’article est structuré en deux parties. La première présente les interactions entre le secteur pétrolier et le régime ougandais, le cadre théorique et le modèle de recherche utilisé. La seconde partie détaille la trajectoire de l’UNOC depuis sa fondation en 2014, en se concentrant sur deux dimensions : sa capitalisation et la volonté exprimée par ses dirigeants et les responsables politiques ougandais de faire évoluer son modèle de production vers une compagnie pétrolière verticalement intégrée.