Relation transférentielle et intimité sexuelle dans la cure psychothérapique : à propos d’une affaire jugée deux fois en cour d’assises

Auteurs

##plugins.pubIds.doi.readerDisplayName##:

https://doi.org/10.54695/dss.53.03.2594

Mots-clés:

Hypnose, Intimité sexuelle, Psychothérapie, Transe, Transfert, Viol.

Résumé

La loi protège la dignité et la vie privée de la personne, ainsi que l’intégrité du corps humain. Le respect de ces
principes juridiques fondamentaux est particulièrement important en pratique médicale et dans la relation clinique
entre un psychothérapeute et son patient. Les règles éthiques et techniques professionnelles qui encadrent la cure
psychothérapique excluent tout passage à l’acte sexuel ou tout geste à connotation sexuelle.
Il est rapporté une affaire dans laquelle un psychiatre d’exercice libéral fut accusé des crimes de viols sur plusieurs de ses patientes. D’abord condamné à douze ans de réclusion criminelle par une première cour d’assises, ce
praticien fut ensuite acquitté en appel. Bien qu’ayant toujours nié avoir eu des relations intimes avec les plaignantes,
il fut sanctionné disciplinairement par l’Ordre des médecins mais la seconde cour d’assises a estimé que la
« contrainte » n’était pas juridiquement établie en l’absence de violence physique ou de menace.
Cette affaire pose le problème du consentement d’une patiente à une relation sexuelle avec son psychiatre au
cours d’une cure psychothérapique. En dépit du jugement définitif d’acquittement, on peut se demander si les pratiques dévoyées d’un thérapeute sur des personnes psychologiquement dépendantes et vulnérables, avec perversion volontaire du processus.transférentiel, ne constituent pas une véritable « contrainte morale » caractéristique
du crime de viol ? Quoi qu’il en soit, les personnels médicaux ne doivent jamais exploiter la faiblesse des patients
en abusant de leur autorité et des circonstances.

Publiée

2010-06-01

Numéro

Rubrique

Articles