LE PSYCHOTRAUMATISME DANS LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Auteurs

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https://doi.org/10.54695/dss.61.01.2589

Mots-clés:

Psychotraumatisme, Effraction, Mémoire traumatique, Violence, Emprise, Résilience, Maltraitance intrafamiliale, Evaluation médico-psychologique, Symptomatologie anxio-dépressive, Repérage, Obligation de soin, ITT.

Résumé

Le traumatisme (physique ou psychologique) est un
phénomène d’effraction de la psyché qui occasionne
une mémoire traumatique. Cette dernière apparaît
avec les (premiers) faits de violence, mettant la
mémoire autobiographique – normale – en stand-by
pendant quelques heures à quelques jours. Par la suite,
jusqu’à ce que la victime fasse preuve de résilience, ces
deux types de mémoire fonctionneront en parallèle.
L’une en fonction de la réalité sociétale, l’autre à
l’aune de tout ce qui peut rappeler, de près ou de loin,
la ou les agressions subies. Le psychotraumatisme
peut-être unique ou répété. Dans les violences chroniques, comme dans la maltraitance conjugale, cette
mémoire traumatique, non seulement de ne pouvoir
être traitée, va être entretenue et exacerbée – prise
dans les filets d’une emprise, autrement dit, de violences psychologiques instillées de façon permanente
et insidieuse.
Pour se défendre contre ce psychotraumatisme, la victime use de stratégies de répétition ou d’évitement, ou
encore d’outils psychiques comme l’hypervigilance ou
le stress, qui aident à supporter d’un côté, et facilitent
l’apparition (ou entretiennent) les symptômes anxiodépressifs post-traumatiques, de l’autre. À l’heure où
la violence est la première cause de morbidités et de
mortalité dans le monde, il convient de mettre tout en
œuvre pour prendre en charge, de façon judiciaire
pour l’aspect répressif, et sanitaire, pour l’aspect préventif, les deux pôles de cette violence : l’auteur et la
victime. D’abord, l’incapacité totale de travail devrait
comprendre un volet psychologique pour évaluer les
perturbations idoines. Ensuite, une obligation ou
injonction de soins pour les premiers, et un repérage
et une incitation de soins pour les secondes, permettraient de réduire la récidive des uns et la survictimisation des autres.

Publiée

2018-03-01

Numéro

Rubrique

Articles