La réforme des services de renseignement civils français
Résumé
Les services de renseignement du ministère de l’Intérieur, RG (créés en 1911) et DST (créée en 1944), n’ont pas fait l’objet de réformes de structure profondes malgré les bouleversements géopolitiques survenus depuis la fin de la Guerre froide. Pourtant, leur fusion a été fréquemment évoquée. Au début des années 1990, plusieurs ministres de l’Intérieur successifs ont tenté de rapprocher RG et DST au sein d’une Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mais sans succès. L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État a permis d’engager la mise en œuvre de cette réforme. Le président de la République avait en effet ce projet en tête dès son premier passage au ministère de l’Intérieur, en 2002. La création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) permettra d’aligner des moyens plus puissants et donc plus efficaces, avec une unité de commandement qui devrait réduire les délais de réaction et permettre une information plus exhaustive des autorités. Toutefois, cette réforme présente certaines lacunes. Le Service de coopération technique international de police (SCTIP) et l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) n’ont pas été pris en compte. La France est encore loin d’avoir réussi une réforme profonde de ses services de renseignement. Toutefois, cette première étape, qui ne touche que le renseignement civil, est symbolique. C’est le signe d’une prise de conscience qu’il faut adapter nos agences aux nouvelles menaces émergentes et que nos structures ne sont plus adaptées.