Prélèvement saphène sous vidéoscopie pour les pontages sous-inguinaux

Auteurs

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https://doi.org/10.54695/mva.64.02.2047

Mots-clés:

Veine saphène interne, Greffon, Prélèvement sous vidéoscopie

Résumé

Objectif : La veine saphène interne (VSI) est le greffon de
référence pour les pontages des membres inférieurs. Son
prélèvement nécessite de larges incisions crurales et jambières qui exposent à des complications locales, notamment
chez les malades obèses ou diabétiques. Le but de ce travail
est de rapporter notre expérience avec la technique de prélèvement saphène sous vidéoscopie (PSV).
Méthodes : Nous avons utilisé le kit de prélèvement de
la société Maquet dont les trois éléments principaux sont
un endoscope, un embout atraumatique et une pince coagulante ultrasonique. La technique du PSV comporte deux
étapes. Une courte incision de 2 cm est réalisée au tiers
inférieur de la cuisse et permet l’abord de la VSI. La première
étape est une dissection rétrograde de la VSI sous vidéoscopie. La VSI est libérée de ses attaches sous-cutanées à l’aide
de l’embout atraumatique positionné au sommet de l’endoscope. La deuxième étape est la section des collatérales de
la VSI à l’aide d’une pince coagulante ultrasonique. Un
rétracteur télescopique permet de protéger la VSI lors de la
coagulation des collatérales, afin d’éviter les lésions du site
de section. Une contre-incision centimétrique au pli inguinal permet de lier la crosse de la VSI et d’achever le PSV. Le
prélèvement de la VSI jambière est ensuite réalisé de la
même manière avec une contre-incision pré-malléolaire.
Résultats : Dans notre expérience, cette technique a permis de diminuer les risques de complications locales sans
altérer la perméabilité des pontages. Le prélèvement complet de la VSI a pu être réalisé en 30 à 45 minutes. Les incisions cutanées limitées n’ont pas posé de problème de cicatrisation. Le PSV permet de réduire les risques de défaut de
cicatrisation, d’hématome et de douleurs postopératoires.
L’absence de suture des tissus sous-cutanés évite la ligature
des relais lymphatiques du membre et diminue les risques
de lymphoedème postopératoire. Un retour précoce à la
déambulation est possible 1-2 jours après PSV et l’hospitalisation est plus courte (généralement 4-5 jours après PSV)
qu’en cas de prélèvement classique. Ces résultats sont
concordants avec ceux retrouvés dans la littérature et rapportés ici.
Conclusion : Le prélèvement de la VSI sous vidéoscopie
est une technique faisable et sûre lorsqu’un pontage sousinguinal est envisagé. L’utilisation de la vidéoscopie permet
de limiter le traumatisme opératoire et les complications
locales tout en proposant une revascularisation aussi
durable qu’avec le prélèvement classique. Pour cette raison,
cette technique est devenue la technique de référence pour
notre équipe, proposée chaque fois qu’un pontage sousinguinal est envisagé.

Publiée

2012-04-17

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