Un exemple de modalité harmonique chez Béla Bartók : Les Quinze chants paysans hongrois
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https://doi.org/10.54695/mu.13.04.4495Résumé
L’harmonisation des mélodies traditionnelles empruntées ou composées dans un
style populaire constitue probablement, depuis le début du XXe siècle, une des clés
du renouvellement du langage tonal en zone périphérique de la culture occidentale.
Les compositeurs autochtones eux-mêmes participèrent activement à la collecte de
ce répertoire, puisant dans la mémoire collective les éléments nécessaires à la
construction d’une identité artistique nationale.
À ce titre, les Quinze chants paysans hongrois de Béla Bartók illustrent de
manière caractéristique les mouvements de pensée et de création de cette époque.
Cependant, la prédominance des références explicites aux musiques traditionnelles
ne saurait masquer le poids de la tradition occidentale savante et des premières
expériences modernistes. En effet, qu’elle soit d’inspiration folklorique ou non, la
musique de Béla Bartók reste fondée sur une combinatoire des hauteurs évoluant au
sein d’un ensemble chromatique. L’utilisation des outils analytiques neoriemanniens
pourrait apporter une réponse possible à l’interprétation des stratégies
harmoniques mises en oeuvre dans un tel corpus, redéfinissant ainsi les contours de deux concepts souvent perçus comme incompatibles : tonalité et modalité
harmonique. Cet article en propose une description.