Quatrième degré lydien et système de différences : l’exemple de la Symphonie en la mineur op. 63

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https://doi.org/10.54695/mu.15.1-3.4436

Résumé

L’intervalle de triton joue un rôle-clé dans la Symphonie en la mineur. Depuis la
théorie médiévale de l’octoechos, le triton occupe une place spécifique parmi les
autres intervalles. Au sein du système tonal, il demeure l’intervalle dissonant par
excellence, à la fois « destructeur » de la tonalité, porteur d’instabilité et de tension,
mais porteur aussi de l’affirmation de la tonalité dans l’accord de dominante.
Sibelius, cependant, en fait un usage qui, par sa mobilité, « brouille les pistes » de la
tonalité. Lorsque le triton est construit sur la tonique, seule la sensible ascendante se
résout pour former la quinte, la tonique elle-même résiste à l’attraction descendante.
Le premier thème de la Symphonie op. 63, qui pose d’entrée l’intervalle de quarte
augmentée comme intervalle clé, confère à toute l’oeuvre sa ligne de force
esthétique. Aussi, le trouve-t-on caractériser également tant le thème initial du
deuxième mouvement que celui du dernier. La Quatrième symphonie en obtient une
place unique dans la production du compositeur : Sibelius déborde amplement, avec
cette oeuvre singulière, le rôle de représentant de la Finlande au sein du concert des
compositeurs européens de la première moitié du XXe siècle.

Publiée

2021-02-03

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