Dissonance scalaire et analyse de l’inadéquation polytonale/modale dans la musique du xx e siècle
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https://doi.org/10.54695/mu.26.3-4.4423Résumé
Cet article s’appuie sur les intuitions et points de vue du début du siècle – notamment
ceux de Milhaud (1923), Koechlin (1924), Casella (1924) et Bártok (1943) – relatifs
à la polytonalité/polymodalité, comprise comme une modulation simultanée et une
dissonance en couches superposées. Sur ces bases est introduite la notion de dissonance
scalaire comme modèle analytique qui cerne les interactions à plusieurs niveaux entre
les échelles. Ce modèle établit un cadre conceptuel et une représentation graphique qui
portent sur la structure musicale combinée et qui s’inspirent de l’analogie avec la théorie
de la dissonance métrique. Le cadre conceptuel ainsi établi sert de principe régulateur
à l’interprétation des rapports d’échelle. La dissonance scalaire permet de mesurer
le degré d’inadéquation ou de frottement ainsi que le degré de porosité/perméabilité
entre des fragments d’échelles distincts. L’approche analytique se distingue des autres
moyens d’étude théoriques des échelles, comme par exemple la conduite des voix. Elle
pose les fondements d’une stratégie d’écoute qui favorise la réorientation perceptive
entre les couches. À travers l’étude de l’interaction des couches et de la syntaxe dans la
musique de Milhaud, Bartók et Ravel, elle constitue enfin la base d’une appréhension
expérimentale des textures contrapuntiques de la polytonalité.