Les « trois coups du brigadier » pour annoncer l’entrée du soliste de concerto : naissance et dépassement d’une norme

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https://doi.org/10.54695/mu.18.04.1982

Résumé

Dans les concertos de la seconde moitié du XVIIIe
siècle, les dernières mesures du
tutti initial devaient annoncer l’imminence de l’entrée du soliste. Cette norme s’est
créée à l’envers, à partir du point de rupture qu’est l’entrée du soliste. D’abord, les
compositeurs prévoyaient un silence de séparation entre le premier tutti et le
premier solo pour aiguiser l’attention du public et détacher acoustiquement le
soliste de l’orchestre. Puis ce silence est précédé de trois noires, scandées par tout
l’orchestre, sur le premier degré d’une cadence parfaite au ton principal. La formule
des « trois coups du brigadier » est née. Cette appellation est proposée en référence
aux trois coups frappés au théâtre avant le début d’une représentation.
Particulièrement éloquente sous la plume de Mozart, elle constituera la norme de
clôture de l’exposition pendant une quarantaine d’années, et est aussi en relation
avec d’autres moments clefs du premier mouvement, comme par exemple l’annonce
de la cadence. Ensuite, elle meurt progressivement. Sa déconstruction est amorcée
dans les concertos de Viotti par un affaiblissement graduel, et est entièrement
consommée par Beethoven et Hummel qui proposent un nouveau type d’entrée du
soliste en fondu-enchaîné.

Publiée

2011-12-01

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