Jean-Pierre BARTOLI, Le contrepoint dans l’article « Sonate » de Jérôme Joseph de Momigny pour la partie Musique de l’Encyclopédie méthodique (1818)

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https://doi.org/10.54695/mu.21.01-02-03.1941

Résumé

On trouve dans l’article « Sonate » de la partie consacrée à la musique de
l’Encyclopédie méthodique (1818) écrit par Jérôme Joseph de Momigny des
remarques particulièrement intéressantes sur l’écriture musicale et sur le statut du
contrepoint, au sein de ce genre majeur. Proposant une histoire du genre, ce texte
permet à son auteur de commenter le style instrumental savant de J. S. Bach selon le
goût d’un musicien érudit de son temps. À l’aide d’analyses précises d’œuvres de
Haydn, Mozart, Dussek, Steibelt et Beethoven, Momigny constitue ensuite un
Panthéon personnel d’où émerge la figure inégalée de Haydn. Le critère
d’évaluation requis n’est autre que la présence du style sévère et l’habileté de son
utilisation dans la sonate. Croyant stigmatiser la pensée esthétique de Jean-Jacques
Rousseau, il se rapproche singulièrement de sa notion « d’unité de mélodie » pour
expliquer la valeur du contrepoint de Haydn. Les contemporains, dont Beethoven,
se voient quant à eux reprocher leurs fautes d’écriture. Obnubilé par le maintien des
règles du style contraint, Momigny refuse de lire les sonates modernes selon des
critères instrumentaux nouveaux. Par ailleurs, il compte parmi les premiers en
France à postuler dans cet article l’existence d’une école viennoise à l’aune de
laquelle sont mesurés les autres compositeurs. Ce choix, relayé ensuite par le
discours musicologique, a tourné au désavantage de créateurs dont on a encore du
mal à élargir aujourd’hui l’auditoire au-delà du cercle des spécialistes.

Publiée

2014-03-01

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