De l’influence de la structure profonde de la culture confucéenne sur la sinisation du marxisme

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Résumé

Aujourd’hui, la réflexion sur la culture traditionnelle chinoise ainsi que sa critique ont envahit le continent. Beaucoup croient encore
aujourd’hui que le confucianisme est la chaîne
qui entrave le pays sur les chemins de la modernité. On oublie cependant là un élément fondamental : à part ceux qui ont plus de 50 ans,
très peu de gens ont reçu une éducation classique confucéenne. La majorité de nos contemporains (y compris les intellectuels) ont grandi
dans un environnement social plutôt antitraditionnel. Depuis le 4 mai 1919, l’antitraditionalisme total est la posture partagée des
intellectuels radicaux. Une posture qui a permis
la promotion et la diffusion du marxisme en
Chine. Particulièrement après 1949, une fois
que le marxisme a pris la place de l’idéologie dominante, les nouvelles générations connaissent
le confucianisme uniquement comme objet de
critique. Les intellectuels à l’étranger appellent
cela l’interruption de la culture traditionnelle
chinoise. Il est vrai que jamais dans les 2000 ans
d’histoire du peuple chinois n’avait eu lieu un
mouvement de réforme de la pensée d’une telle
ampleur. Réformer les mœurs, étudier Lei Feng
(雷鋒 1940-1962), combattre l’égoïsme et répudier le révisionnisme (鬥私批修 dousipixiu),
les orages s’enchaînent les uns après les autres.
Sur un laps de temps relativement long (hormis
la courte période tardive de la Révolution culturelle et le Mouvement de critique de Lin Biao
et de Confucius 批林批孔運動 pilin pikong
yundong) le confucianisme est oublié par la société chinoise continentale. Au moins en superficie. Car là réside un surprenant paradoxe : si
la tradition n’existe plus, pourquoi les jeunes
générations d’aujourd’hui se sentent-elles profondément piéger dans le bourbier de la culture
traditionnelle ?

Publiée

2015-09-01

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