Les Japonais dans l’empire du mariage
Abstract
Le mariage au Japon est aujourd’hui un choix
plutôt qu’un devoir. Cependant, lorsqu’une actrice publie la date de son mariage, les médias
précisent, dans la limite des informations disponibles, si elle continue ou non sa carrière professionnelle après l’heureux événement et si
elle est ou non enceinte. Ce genre de remarques
est lié à la coutume en vigueur dans la société
japonaise, selon laquelle les femmes mariées
doivent s’occuper de la maison. Bien évidemment, elles n’existent pas lors du mariage d’un
acteur, puisqu’il est considéré comme tout à fait
normal que l’homme continue à travailler,
quelle que soit sa situation familiale.
Cela fait un moment que la crise du mariage
au Japon est discutée. Ce n’est pas une simple
question de vie privée, car la majorité des enfants sont nés de couples mariés. Derrière cette
stagnation, plusieurs notions communes (shakai
tsûnen 社会通念) empêchent le changement
nécessaire de se produire. Par exemple, être célibataire est considéré comme une situation immature1 ou un échec2
. Dans cet article, nous
présentons les principales problématiques relatives au mariage dans l’Archipel, telles que la
domination du mariage civil, le choix des jeunes
personnes, le partage des tâches dans les couples mariés. Nous examinons également la situation du mariage international, un sujet moins
abordé dans les études sur le Japon menées par
les francophones. À travers ces éléments, nous
espérons contribuer à l’analyse des coutumes
qui griffent profondément la peau des Japonais.

