Les contours du pivot américain vers l’Asie
Abstract
Brad Glosserman – Le pivot est né d’un sentiment de grande fatigue après plus d’une décennie de guerre. Les conflits en Afghanistan et en
Irak ont asséché l’économie américaine, éreinté
ses forces armées et perturbé la société et le système politique. L’image des États-Unis dans le
monde a également été particulièrement endommagée au cours de cette période. Barack
Obama fut élu sur un programme promettant de
sortir de ces deux guerres et d’engager un vaste
processus de reconstruction et de recomposition, reflétant une notion très jeffersonienne
selon laquelle les États-Unis doivent remettre la
maison en ordre afin d’apparaître comme « la
ville scintillante au sommet de la colline ». Cette
orientation fut articulée de manière très nette
dans le document Stratégie de sécurité nationale
(National Security Strategy) rendu public en
2010, en particulier à travers l’accent mis sur la
nécessité de reconstruire en interne afin de servir de base pour la remise à niveau du statut de
Washington sur la scène internationale. La politique de l’administration Obama a notamment
pour objectif de renforcer les liens entre les
États-Unis et l’Asie, la région la plus dynamique
au monde, afin que les États-Unis puissent capter cette énergie et rebâtir une économie solide.
Le pivot associe dès lors une vision stratégique
et un engagement politique spécifique.

