La Chine au Moyen-Orient : un nouvel acteur ?
Abstract
La présence chinoise au Moyen-Orient s’est
considérablement accrue depuis ces trente dernières années à tel point que Pékin est devenu
un acteur incontournable dans cette région hautement stratégique, pourtant jusque-là perçue
comme une zone d’influence essentiellement
américaine. De fait, la Chine a toujours considéré cette région comme étant vitale pour ses
intérêts. Déjà, Mao Tsé-Toung, le premier président de la République Populaire de Chine de
1954 à 1959, avait très clairement expliqué que
« le contrôle de cette région par une puissance
hostile précipiterait non seulement une troisième guerre mondial, mais mettrait, même, la
survie de la République Populaire de Chine en
danger »1
. En effet, pendant longtemps, la rivalité Est-Ouest avait été perçue par la Chine
comme étant la principale source d’instabilité
dans la région, notamment à cause du conflit israélo-arabe, et elle considérait que sa stabilité
ne pourrait revenir que lorsque les interventions extérieures à la région prendraient fin.
C’est donc dans cette perspective que la Chine
avait, à l’époque, appuyé les organisations de
libération arabes par son soutien diplomatique
et en les approvisionnant en armes. Mais, pour
autant, cela n’avait pas été suffisant pour lui
faire valoir une quelconque une influence dans
la région.

